Womanity

Classement du projet

Sélectionné national

Établissement scolaire

Académie : AEFE
Lycée Français de New York
505 East 75th Street
10021 New York
Autre

Les membres du projet

Emmanuel Lavallette
Responsable projet
Flore Benatar
Membre projet
Ines Chiaramonti
Membre projet

Le projet

Argumentaire

En tant que deux élèves de première de la spécialité physique-chimie du Lycée Francais de New York, nous sommes très intéressées par cette matière puisque nous l’avons choisie et avons la chance de l’étudier 6 heures par semaine. Lorsque le sujet des Olympiades et du concours “Parlons Chimie” nous a été présenté, il nous a automatiquement parlé. Nous avons toutes les deux conscience que la chimie est un sujet fascinant mais qui peut parfois paraître compliqué, et qui est souvent délaissé, mis à l’écart, et oublié par les élèves. Pourtant, nous sommes convaincues que la chimie est une science de la nature passionnante qui nous explique toutes les transformations au sein de notre corps et dans l’univers qui nous entoure, celui de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.
Avec ce projet, nous aspirons à lever ce tabou sur la chimie et, par la même occasion,
lever un second tabou sur un sujet qui nous tient à coeur : celui de la menstruation. En effet, ce sujet n’est que trop peu médiatisé alors qu’il présente des risques conséquents. C’est aussi pour cela que nous estimons des plus urgents de nous engager dans cette cause.
Nous avons choisi pour notre projet le nom “Womanity” afin de refléter de façon évidente et internationale le fait que les femmes sont au corps de notre projet d’étude et que nous avons pour but de les informer afin qu’elles puissent elles-mêmes choisir des produits bio pour se protéger contre les dangers qu’ils présentent. Ainsi, en corrélant les termes “Woman” et “Humanity”, nous voulons rendre compte de notre compassion, de l’humanité que nous ressentons pour les femmes, de notre ouverture sur le monde et de la responsabilité qui est la nôtre de le transformer pour le mieux.

Publics visé

Evidemment, informer les élèves autour de nous est au centre de notre projet. Par ailleurs, possédant la chance de vivre à l’étranger nous pouvons également avoir une forte répercussion sur les élèves d’Amérique, particulièrement à New York, autant que ceux de France, par le biais de notre bilinguisme. Incontestablement, les femmes sont les figures centrales de notre projet, ainsi les informer représente une grande  partie de notre mission.

Description

Womanity est un projet basé autour de la communication et de l’information qui vise à expliquer la chimie à tous en termes simples. Convaincues de l’importance de la chimie dans notre société moderne, nous avons décidé de nous lancer dans ces Olympiades en choisissant un thème qui nous passionne et qui nous touche directement: la menstruation. Ce sujet si naturel et pourtant si tabou est réellement d’actualité.
Aujourd’hui, une écrasante majorité des personnes ayant leurs règles utilisent chaque mois des tampons ou serviettes hygiéniques. On estime que ce chiffre tourne autour de 95%. Ce sont des produits périodiques à usage unique qui sont très récents: on ne les utilise que depuis le milieu, voire la fin du siècle dernier. Ils sont réputés pour leur discrétion, leur propreté et leur sûreté. Pourtant, il existe un réel problème dans l’industrie des produits périodiques: ceux-ci sont nocifs pour la santé, et pour le corps. Et le pire, c’est que les personnes menstruées n’en ont aucune idée.
Les tampons et serviettes, qui sont ce sur quoi nous nous concentrons au cours de ce projet, sont pleins de produits toxiques et de substances douteuses qui ne figurent sur aucune liste de composants. Car oui, la plupart des marques ne donnent aucune liste d’ingrédients pour la simple raison qu’aucune loi ne les en oblige. Une minorité, cependant, expriment que leurs produits peuvent contenir du polyester, ou du polyéthylène, par exemple.
Dans l’état de New York, ça a été une grande victoire lorsqu’une loi est passée pour imposer l’ajout de ces composants sur les emballages à partir de 2020. Dans le reste des États-Unis et en France, cependant, ce n’est toujours pas le cas.
Nous avons vite pris conscience qu’il nous serait difficile d’explorer tous les ingrédients mystérieux qui composent nos produits périodiques. C’est pourquoi nous avons choisi de nous concentrer sur quelques uns qui nous paraissent des plus choquants: le chlore, le glyphosate, et les plastiques en général. Nous avons donc exploré les effets que chacun pouvait avoir sur la santé du consommateur mais aussi sur notre environnement.
Bien que cela puisse paraître surprenant, les produits hygiéniques contiennent bel et bien du chlore, en tant qu’agent blanchisseur. Ainsi, il est présent en quantités très faibles dans chaque produit menstruel. Cependant, une personne réglée saigne en moyenne 5 jours par mois, tous les mois, pendant une trentaine d’années. Cette personne utilisera 4 à 5 produits par jour, ce qui fait en tout un moyenne de 11 000 produits menstruels au cours d’une vie . La “faible quantité de chlore” présente dans ces produits devient donc beaucoup plus importante et toxique.
Nous avons mené une expérience avec l’objectif d’identifier les ions chlorure dans les tampons de plusieurs marques différentes (voir partie “Réalisation”) et avons trouvé que toutes ces marques possédaient une quantité (variable) de chlore dans leurs tampons. Nous nous sommes donc demandé quelles étaient les conséquences du chlore sur le corps.
La présence de cet agent blanchisseur et sa production engendrent la création de dioxines, des substances dangereuses. L’accumulation de cette substance, donc inévitable pendant la vie menstruelle, crée la possibilité d’effets néfastes sur la santé, notamment un dérèglement du système hormonal, une augmentation du risque de cancers, une réduction des défenses immunitaires et une action provoquant des maladies de la peau, pour en citer quelques uns.
Le chlore n’est pas le seul agent utilisé pour blanchir les produits menstruels, cependant. Certaines grandes marques (Tampax, notamment, que nous avons étudiée) utilisent d’autres produits, comme le peroxyde d’hydrogène de formule brute H2O2. Ceci n’est ni plus écologique, ni meilleur pour la santé. C’est simplement un moyen de plus utilisé par les grandes entreprises pour mieux masquer les dangers de leurs produits. Cette espèce est liée à un risque plus élevé du développement du cancer de l’utérus, le deuxième cancer le plus meurtrier chez les femmes qui en tue une toutes les deux minutes.
De plus, le principe du tampon en lui même peut être très dangereux pour une personne. Premièrement, lorsque le tampon absorbe le sang menstruel de la personne et reste longtemps dans le vagin, le milieu devient idéal pour le développement de bactéries. L’une de ces bactéries présente chez certaines femmes, le staphylocoque doré, peut se surdévelopper, et ainsi produire une toxine que l’on nomme TSST-1. La présence de cette toxine dans le corps provoque une réaction démesurée du système immunitaire à l’infection. Le corps s’attaque lui-même de façon agressive, provoquant ainsi de fortes fièvres, des potentielles amputations, et dans le pire des cas, la mort de l’individu en question. Cette infection est rare, mais elle touche tout de même un individu sur 100 000.
À part des dizaines de plastiques, ces produits contiennent également des substances extrêmement toxiques: les glyphosates (de formule brute C3H8NO5P). En effet, cet herbicide est utilisé depuis des années pour protéger les plantes de coton des mauvaises herbes, notamment. Ce même coton se retrouve dans les protections périodiques: tampons et serviettes. Ainsi, nous nous exposons à des substances destinées à tuer des herbes. De plus, une fois que l’on dispose de nos tampons et serviettes, les herbicides et substances chimiques qui y sont contenues continuent de polluer les sols, comme lorsqu’elles ont été pulvérisées sur le coton. L’utilisation de cet herbicide est aussi dangereux pour le coton même.
Sans nous en rendre compte, nous disposons de nos produits menstruels d’une façon dangereuse pour la nature.
Pour les moins soucieux d’entre nous qui jettent leurs produits dans les toilettes, ceux-ci terminent pour la plupart dans les corps d’eau, c’est-à-dire, les océans, les lacs, etc. Les tampons et serviettes, ainsi que les plastiques et pesticides qu’ils contiennent, viennent avec eux et mettent en danger, entre autres, la vie marine et les océans. Ils comptent, d’après un classement de l’ONG Surfrider, parmi l’un des dix déchets les plus fréquents dans les océans.
En effet, les tampons et serviettes tels que nous les connaissons, ne sont qu’une merveille du plastique, une façon parmi des milliers d’autres de mettre en usage les avantages de cette nouvelle découverte du vingtième siècle. Toute partie du produit menstruel comporte du plastique, et les emballages eux-même sont souvent entièrement composés de plastiques non-biodégradables. C’est-à-dire qu’en 2019, alors que la crise du climat n’a jamais été plus grave, on utilise toujours les mêmes substances pour monter des réservoirs d’essence et pour produire des tampons.
Disposer de ses produits périodiques de façon plus responsable n’est pas pour autant une solution parfaite. Nos produits ne disparaissent pas, bien au contraire: ils terminent dans des décharges et polluent doucement les sols autour. Effectivement, une fois déchargés avec des tonnes d’autres déchets, les ingrédients de ces tampons et serviettes pénètrent dans les sols et les contaminent. Ainsi, cette consommation de produits composés de substances nocives n’a pas qu’un impact sur nous, mais aussi sur notre planète.
Notre projet veut donc informer autrui sur les dangers que portent les produits hygiéniques. Ils nous paraît important de faire passer ces informations que nous avons découvertes, d’autant qu’elles permettraient à tous de prendre des décisions réfléchies sur le sujet. De plus, il nous a paru essentiel de présenter ces informations car elles se rapportent à la question du climat, par laquelle nous sommes si profondément touchés aujourd’hui en tant que jeunes.
Ensuite, nous misons à lever deux tabous: celui de la menstruation mais aussi de la chimie. Il est rare d’entendre parler des élèves de la chimie en bien. Souvent, cette matière est considérée comme difficile, peu compréhensible et complexe. La menstruation, elle, est considérée comme étant un sujet sale et difficilement abordable. Ainsi, en parlant des deux à la fois, nous voulons montrer aux élèves que par la chimie, on peut trouver des alternatives plus écologiques à un problème qui perdure depuis des générations.
En effet, si nous nous attardons sur les problèmes, il existe aussi un nombre de solutions. De plus en plus, on voit se développer des produits menstruels nouveaux et innovateurs, tels que la cup menstruelle, qui récolte le sang de façon efficace, discrète et en lien avec le développement durable. Il existe aussi des produits réutilisables, comme les serviettes lavables ou les sous-vêtements Thinx. Enfin, des produits traditionnels comme les tampons et serviettes que nous utilisons aujourd’hui sont de plus en plus accessibles sous forme bio. Le problème, c’est que les consommateurs des produits périodiques d’hier n’ont aucune idée de ce qu’ils ratent.

Support

Nous possédons plusieurs supports de communication afin de mener à bien notre projet. Le premier est notre voix. En effet, à de nombreuses reprises nous avons donné des présentations au sein de notre établissement, dans les clubs de Human Rights, de Queers and Allies, mais aussi devant les chefs de l’établissements et le conseil des élèves afin d’expliquer en termes simples quels sont les composants dangereux des tampons/serviettes. À partir de janvier, nous allons présenter notre projet à tous les groupes de classe de 3e et plus.
Nous avons également écrit un article dans le journal de notre lycée qui se focalisait dans un premier temps sur notre projet, pour ensuite montrer une approche plus politique sur le sujet tabou des règles. Nous avons pris cette initiative car nous trouvions des plus importants d’informer les personnes au sein de cette communauté, avant de s’étendre à échelle plus grande.
Faire un maximum d’audience fait aussi partie du but de notre projet. Il est des plus urgent de sensibiliser un grand nombre de personnes, et quoi de mieux que les réseaux sociaux, à l’heure du digital et d’Internet, pour le faire. Nous avons donc créé un compte Instagram, du nom @wearewomanity, avec pour but d’expliquer notre projet en termes simples à toutes les personnes visitant notre profil.
Nous avons également parlé à des personnes dans différents endroits du vaste Manhattan, afin d’informer hors le lycée de notre projet et d’inciter les personnes à se rendre sur notre compte. Notre compte est composé de courtes vidéos qui montrent notre projet dans le progrès, à travers des expériences et des séances de communication. Ainsi, ceux que nous ne pouvons pas atteindre physiquement nous suivent dans nos recherches par le biais de la toile du Web.  

Lieux

Le lieu majeur de notre action de communication est notre ville : New York.
Nous avons aussi agi en France, à Paris, à travers des discussions sur le sujet, et tentons de mener une action avec le lycée d’Agadir au Maroc.

Réalisation

Notre première expérience consista à identifier la présence de chlore dans certains tampons hygiéniques. Nous avons fait 3 expériences : deux avec des marques fortement consommées: Tampax et Up and Up, puis, une avec une marque se disant naturelle et sans chlorine : O.b. Organic Regular. 

Nous avons d’abord mis 250 mL d’eau distillée dans chacun des trois béchers, puis ajouté dans chacun 12 tampons de chaque marque. Nous avons remplis 2 tubes à essai T et T’ d’eau distillée et d’eau salée possédant des ions chlorures (Cl-). Ils ont été nos témoins. Nous avons laissé les tampons à tremper pendant 8 heures dans les trois béchers.
À la fin de la journée, nous avons essoré les tampons de chaque bécher. Puis, nous avons prélevé 10 mL de chaque bécher à l’aide de pipettes pour les mettre dans trois tubes à essai. Enfin nous avons déposé quelques gouttes de nitrate d’argent dans chaque tube à essai afin d’identifier la présence d’ions chlorures.
Comme le taux d’ions chlorures était plutôt faible pour une si faible quantité de tampons, nous avons utilisé une lampe à UV afin de percevoir plus nettement la présence de chlore. Il s’est révélé que la marque avec le plus important précipité blanc (rose avec la lampe à UV) était O.B Organic, la marque se disant la plus naturelle. Nous avons été choquées de cette découverte, surtout parce que cette marque assure sur son site internet qu’elle n’utilise pas de chlore.
Ainsi, nous pouvons en conclure que il ne faut pas toujours se fier aux informations qu’on reçoit à propos de ces produits, notamment de part le fait qu’aucune loi ne les contrôle. Nous avons également été surprises de voir que les marques fortement consommées en Amérique et fortement absorbantes n’utilisaient pas autant de chlore que la marque organique. Ainsi, on peut se questionner sur un potentiel autre agent blanchisseur présent dans ces tampons.

Vidéo de présentation du projet : Womanity
Voir nos vidéos sur notre compte Instagram.

https://www.instagram.com/wearewomanity/?hl=fr
Video 1
Video 2
Video 3
Video 4

Planification

Liste non exhaustive 

6/01/20 – intervention prévue devant le conseil des élèves et les responsables de l’établissement
7/01/20 – expérience de combustion du plastique prévue
10/01/20 – intervention prévue dans le club de queers and allies
14 à 20/01/20 – interventions prévues dans les groupes des classes de 3e et plus
26/01/20 – expérience d’identification de l‘agent blanchisseur des produits Tampax
Liste non exhaustive 

Mars 2020 – interventions prévues dans les groupes des classes de 3e et plus
Mars 2020 – partenariat et discussion avec un groupe de 3èmes ayant développé des kits bio pour les règles (contenant des serviettes, …) dans le cadre d’un concours socio-entrepreneurial du lycée au cours duquel tous les élèves de 3e doivent développer un projet.
Mars 2020 – intervention prévue dans le club Queers & Allies (club dans lequel les élèves du lycée se réunissent pour discuter des sujets d’actualité en lien avec la communauté LGBTQ+ et cherchent des opportunités pour apporter un soutien aux élèves concernés ou ceux qui cherchent à en savoir plus): discuter des dangers des produits hygiéniques actuels et du tabou de la menstruation qui peut être vécu différemment au sein de la communauté LGBTQ+

Les ressources du projet

article du Lynx - [pdf]